Posté le 17.10.2023
Chaque jour un cinéaste méconnu et un film à redécouvrir : rendre justice aux oubliés de l’histoire du cinéma, c’est aussi le rôle du festival Lumière.
Tabataba, 1988 © DR
Qui est-ce ?
Raymond Rajaonarivelo, né en 1952, à Antananarivo, fait ses études en France avant de réaliser des courts-métrages. Tabataba est son premier long-métrage, tourné essentiellement avec des non-professionnels.
Son film au festival Lumière
Tabataba se déroule dans un petit village au fin fond de la jungle malgache en 1946, où les premiers discours autour de l’indépendance se font entendre. C’est une prise de conscience, par ses habitants les plus modestes, d’une occupation abusive d’un pays par un autre pays, Madagascar par la France.
Pourquoi le redécouvrir ?
Ce film politique choisit le prisme de l’intime. Chaque foyer, chaque villageois sont impactés par une présence française autoritaire et illégitime. Pour faire comprendre l’obscénité de cela, Rajaonarivelo montre que la vie la plus naturelle des Malgaches au sein de leurs paysages, vaut autant que des paroles politiques. Avec grâce il oppose la beauté d’un monde à la cruauté d’un autre. La population locale circule avec fluidité sur une terre qui est la leur, alors que les français sont filmés statiques, nerveux, impatients. Les Malgaches sont multiples, enfants comme vieillards forment un peuple face aux occupants représentés par des hommes jeunes et seuls. Par un symbolisme simplement déterminé, Rajaonarivelo imagine son film comme un voyage de retour, celui d’un peuple vers son intégrité.
Virginie Apiou
SÉANCE
Tabataba de Raymond Rajaonarivelo, (1988, 1h18)
Lumière Terreaux - Mardi 17 octobre à 16h30